lundi 6 février 2012

Haïti - Éducation : Inauguration de l’Université Roi Henri Christophe


Haïti - Éducation : Inauguration de l’Université Roi Henri Christophe
Ce 12 janvier 2012, les Gouvernements Haïtiens et Dominicain ont inauguré, en présence de nombreux officiels et personnalités, la nouvelle Université ultra moderne « Roi Henri Christophe » offerte par le Gouvernement et le secteurs des affaires dominicain, au coût estimé à 30 millions de dollars..

Extrait du discours du Président Martelly :

«... Monsieur le Président Leonel Fernández, je prends plaisir à vous adresser mes propos d'ouverture pour vous souhaiter la bienvenue en notre terre hospitalière et vous remercier spécialement de ce magnifique cadeau que votre Nation et vous, avez donné au peuple haïtien. En choisissant de nous doter d'un campus universitaire moderne, vous montrez combien vous vous attachez à participer à nos efforts de relèvement [...] pour tout ce que vous et votre peuple nous apporter si chaleureusement, nous exprimons aujourd'hui notre gratitude, par le plus beau mot de la langue française « MERCI » [...]

Inaugurer un campus universitaire, est sans aucun doute le geste le plus stimulant dans un mandat de Chef d'État. C'est ouvrir une nouvelle porte sur l'avenir, un espace où la société de demain, se développera [...] cette réalisation est éloquente à plus d'un titre : primo, elle s’inscrit dans le concret : la générosité attentive du peuple et du gouvernement dominicain, qui se veulent à côté de la Nation sœur voisine, victime d'un terrible coup du sort. Générosité d'autant plus appréciable, qu’en sus des secours immédiats fournit pour palier à nos malheurs, elle s'investie substantiellement dans un secteur vital pour notre renouveau communautaire, secteur qui avait été fortement affecté le 12 janvier 2010 [...]

Secondo, la localisation de ce campus, répond à l'esprit et aux normes de la décentralisation en marche. Non seulement, les intelligences de toute la zone Nord, auront les moyens de se parfaire intellectuellement et professionnellement en restant dans leur milieu, mais aussi il saura attirer toute une jeunesse haïtienne avide de savoir, se voulant conquérante de l'avenir [...]

Nous sommes conscients, aujourd'hui plus qu'hier, en matière d'enseignement supérieur comme dans tous les domaines de la vie collective, que l'immobilisme pour nous, est suicidaire. Cette université se doit d'être une plateforme, qui permettra de rapatrier une bonne partie de nos cerveaux, de nos scientifiques partis de nos cieux incléments pour se valoriser [...]

Ma préoccupation majeure en recevant les clés de ce campus, est l'étudiant, c'est-à-dire l'avenir du pays. Mon espoir est de voir cette université servir de véritable catalyseur, pour forcer la modernisation du système universitaire haïtien. Elle doit être une université complète, avec une mission d'excellence dans tous les domaines du savoir, notamment dans les domaines des sciences et de la technologie. Elle doit servir de catalyseur pour favoriser le développement intégrer d'un système d'enseignement supérieur public au niveau régional, ouverte, compétitive et accessible à tous sans exclusives.

Ce campus entre dans le patrimoine de l'Université d'État d'Haïti, cependant, pour préparer la transition deux structures sont crées. La gestion quotidienne sera assurée par un Conseil provisoire élargi, en vue de renforcer les équipes locales qui gèrent les trois institutions d'enseignement supérieures publiques de la région. Pour élaborer le projet d'établissement, un comité technique va être immédiatement mis en place. Il sera composé d'universitaires expérimentés évoluant en Haïti ou à l'étranger qui devra, dans un délai ne dépassant pas quatre mois, faire valider les programmes de formation, les moyens humains, financiers, techniques et organisationnels pour une rentrée universitaire prévue en septembre 2012...»




Extrait du discours du Recteur de l’UEH, Jean Vernet Henri :

Après avoir demandé une minute de silence à la mémoire des 300,000 victimes et les professeurs également disparus le 12 janvier 2010, le recteur a déclaré «... permettez moi de rappeler que les superbes bâtisses et équipements modernes qui forment le campus, nous sont offert par le peuple dominicain à l'initiative de son Président, son excellence le Dr. Leonel Fernández et du gouvernement dominicain en vue de reconstruire le campus de l'Université d’État d’Haïti, détruit le 12 janvier 2010. Cependant, l'UEH dans son souci de commencer à concrétiser les grandes idées du processus de réforme en cours, opta pour la décentralisation, principe admis par l’ex Président René Préval. Le site de Limonade, fut alors choisi pour ériger le Campus sur le terrain offert, depuis 2004, par le Maire de Limonade [...]

Monsieur le Président Leonel Fernández, l'Université d'État vous félicite, elle demande aux responsables dominicains ici présent, de bien vouloir transmettre à toute leur Nation, le sentiment de gratitude du peuple haïtien [...]

Chers invités, vous pouvez comprendre et apprécier ce don que nous recevons aujourd'hui et l'UEH à nouveau, remercie le Président Leonel Fernández et son pays.

Excellence Monsieur le Président Michel Martelly, l'Université se trouve à une croisée des chemins délicate, son avenir est lié à celui du pays et en étroite dépendance, de l'orientation du programme de développement économique et sociale de la Nation haïtienne. Le Conseil Exécutif de l'UEH, avec votre déterminant appui et celui du Premier Ministre, le Dr. Garry Connille et son gouvernement, prend l'engagement d'ajouter à ce campus une résidence pour les étudiants et avec l'aide de madame Michaëlle Jean, avec qui nous travaillons, une auberge pour recevoir nos professeurs visiteurs. C'est l'occasion également de rappeler avec satisfaction, que le Gouvernement Martelly-Conille s'est engagé à accorder 30 millions de dollars cette année, pour la construction du principal campus de l'Université d'État : le Campus de Damien.

Dans l'immédiat, nous allons procéder à la mise en place d'un office de renseignement universitaire, d'un conseil provisoire de gestion, de cellules pour assurer la sécurité, la maintenance et l'entretien de ce petit joyau...»




Extrait du discours du Maire de Limonade, Jean Delavoix Manguira:

«... aujourd'hui, nous savons quel mot nous devons utiliser pour traduire nos sentiments de gratitude à l'endroit de son excellence le Dr. Leonel Fernández qui nous a donné ce campus universitaire, foyer de l'instruit, de la science et de la connaissance « mens agitat molem » [c'est l'esprit qui fait mouvoir la matière] [...] Président Fernández, nous vous en sommes très reconnaissant [...] Président Fernández, vous avez donné un élan à Haïti [...] nous vous assurons que dans 10 à 20 ans, les 72 salles de classes que vous avez données, seront multipliées par deux par trois ou plus... [...] à côté du Président Fernández, nous remercions l'ancien Président d'Haïti, son excellence René Garcia Préval qui a décidé que le campus Universitaire serait construit dans le grand Nord [...] »" à la fin de son intervention, le Maire de Limonade à fait le Président Fernández, citoyen d’honneur de la commune de Limonade.

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LE POUVOIR POLITIQUE SELON MAX WEBER

Le pouvoir politique selon Max Weber Le pouvoir politique, c'est la domination exercée par une personne ou un groupe de personnes dans une société, dans le but d'organiser celle-ci. La cohérence d'un projet politique est assurée par un pouvoir politique qui mène cette action. Ce contrôle peut être fait à l'encontre de la volonté populaire (dictature) ou au nom du peuple, c'est à dire par et pour le peuple (démocratie). A ce niveau, il est questions de systèmes et de régimes politiques, qui méritent deux fiches supplémentaires! Il faut commencer par définir ce pouvoir politique, puis voir quelles formes il peut prendre. On parlera alors ici de régimes et de systèmes (tout de même), mais aussi de domination, de portées anthropologiques, historiques, culturelles, philosophiques... Pour constater, en conclusion, les choses n'ont pas tant évolué ces derniers siècles... Avec, encore une fois, un rapport à l'actualité. Définition La plus utile, et la plus célèbre, c'est celle qu'a énoncée Max Weber dans Le Savant et le Politique (1919) : "Le pouvoir politique, c'est le monopole de la violence légitime". Retenir cela, c'est déjà posséder l'essentiel en la matière... Il s'agit désormais de comprendre ce que cela implique concrètement. La violence légitime, c'est la violence qui est reconnue par tous comme légitime, c'est à dire nécessaire au bon fonctionnement de la communauté. S'il n'y avait pas de violence dite "légitime", n'importe qui pourrait se faire justice soi-même et la loi du plus fort, ou encore du "chacun pour soi" règnerait. Par "violence", il ne s'agit pas que d'aggression physique, mais aussi et surtout de violence symbolique (exemple : un redressement fiscal ne se règle pas avec des coups de bâton...). Hobbes dit que "L'Homme est un loup pour l'Homme" : Le pouvoir politique permet de distribuer plus ou moins équitablement les droits et devoirs entre les citoyens. Et cela passe par l'acceptation collective d'une autorité qui exerce cette violence légitime, c'est à dire cette possibilité de fixer des limites à ceux qui dépassent les règles et empiètent sur la liberté d'autrui ("la liberté de chacun s'arrête là où commence celle d'autrui"...). Chez hobbes, la société organisée est une nécessité pour échapper à un état de nature qui n'engendre que la guerre. Chez Rousseau, ce "contrat social" est un compromis, une régulation entre l'aspect fondamentalement social de l'Homme et sa nature qui, ici, est pensée comme fondamentalement bonne. Donc, l'armée, la police, la justice, sont des instruments de cette "violence légitime", qui permet d'empêcher ou de punir les cas de violence individuelle (interdire de se faire justice soi-même, c'est lutter contre la Loi du plus fort). Mais ils doivent être utilisés dans un cadre juridique, sans quoi ils deviennent, également, illégitimes. Ainsi, ce pouvoir implique, naturellement, qu'un policier qui fait un usage abusif de son arme soit puni. Tout pouvoir qui ne possède pas de contre-pouvoirs est dit "absolu". La violence légitime est une notion positive, qui doit sans cesse (surtout en démocratie) se remettre en question. Bref, une fois que quelqu'un a le pouvoir de taper, on l'écoute... Donc, le pouvoir politique, qui exerce cette domination légitime, est à même de structurer la société, pour le meilleur comme pour le pire. Pour définir ce qu'est la violence illégitime (celle qui doit être combattue pour assurer le respect des droits et devoirs des citoyens), il est important que les bases du pouvoir reposent sur des Lois, sur une juridiction. Le pouvoir politique peut s'exercer de plusieurs manières... Il faut, dès ici, faire la différence entre trois concepts fondamentaux: les types de domination, les sytèmes politiques, et enfin les régimes politiques... ce sont trois facteurs qui peuvent être cumulés entre eux... Les 3 types de domination politique Encore un formidable éclairage que l'on doit à Max Weber... Trois types: - la domination traditionnelle : le chef est chef en raison de ses ascendances divines, de ses pouvoirs mystiques, de son lien avec l'au-delà... Ex : Selon les sociétés, - tribus d'Amazonie : le chaman est, souvent, le chef du village - Egypte Antique : le pharaon est aussi un demi-dieu... - Royaumes européens : le roi possède une légitimité divine, souvent renforcée par des pouvoirs spécifiques (comme ce fut le cas pour les Rois Thaumaturges) Bref, la domination traditionnelle, c'est la fusion originelle de l'occulte et du politique. Celui qui, dans le groupe, peut revendiquer un lien quelqconque avec l'au-delà, se trouve en mesure de revendiquer le pouvoir politique... traditionnel peut-être mais efficace. - la domination charismatique : c'est le "niveau 2" du pouvoir politique : en raison de son comportement héroïque, de son charisme, de l'admiration irrationnelle qu'un être suscite, celui-ci est considéré comme le chef naturel, spontanément plébiscité... Une survivance moderne de cette domination est le moteur du mythe de l'"homme providentiel" (ou de la femme, bien sûr), encore vivace sous notre Vème République. Exemples concrets : - Attila est le meilleur guerrier des Huns? C'est donc le chef des Huns... - Périclès est le meilleur gestionnaire, tacticien, guerrier, orateur et économiste de la Grèce Antique? Il impressionne même les plus fervents partisants de l'aristocratie? Aucun doute, c'est lui qu'il faut à Athènes... - Plus récent, en France... et beaucoup moins glorieux au regard de l'Histoire : Pétain est un héros de 1914? Alors on espère qu'il va nous sauver en 1940... Comme quoi... Et enfin, le type de domination le plus avancé, le plus moderne, le plus... souhaitable : - la domination légale-rationnelle : là, c'est simple, on prend plus compétent, celui qui est à même de gouverner le pays non pas parce qu'il impressionne, mais juste parce qu'il fait bien son travail... - Euh... Roosevelt aux Etats-Unis, Blair en Grande-Bretagne, Churchill, Giscard (qui n'avait pas un super charisme non plus...). Bref, c'est moderne, c'est administratif, ça fait moins rêver mais c'est plus efficace et souvent bien moins violent. Limites Il faut bien garder en tête que ce sont des exemples absolus, et qu'on peut tout à fait combiner les trois... Je cite un exemple ou deux, tout bêtement, pour confirmer que les dispositifs ici évoqués sont encore bien ancrés... - Nicolas Sarkozy dans la campagne présidentielle : Cela fait trois ans qu'on le présente un peu partout comme l'homme de la situation, comme celui que la France attend... Bref, on fait encore une fois appel au "mythe de l'Homme Providentiel". Depuis Napoléon Bonaparte, ce mécanisme caractérise la France ; plutôt que de croire en la force collective et rationnelle, on va chercher à trouver un sauveur (Napoléon, De Gaulle, Pétain, et sûrement, maintenant, Sarkozy, sauf si son bilan est catastrophique). de manière voulue ou non, Nicolas Sarkozy, aujourd'hui investi, porte ces éléments de domination charismatique, que la "monarchie présidentielle" de notre Vème République facilite par sa structure. Bien sûr, N. Sarkozy a été élu sur un programme... Pas la peine d'en rajouter, il y a aussi et surtout de la domination légale-rationelle dans notre système. Et pour ne pas faire de jaloux... - Ségolène Royal dans la campagne présidentielle : A l'heure du marketing politique et du contrôle des symboles, on peut se demander si l'utilisation de l'imagerie populaire religieuse ou, au moins, mythique, ne tient pas des traits d ela domination traditionnelle... Quand on s'habille en blanc sur proposition des conseillers en communication pour rappeler la Vierge Marie, symbole de la protection par excellence, quand on se présente et que l'on se fait présenter comme l'image la plus proche de "Marianne", ne peut-on pas considérer qu'il s'agit de ce ressort? Surtout que, comme Nicolas Sarkozy, elle aussi s'est dite "habitée" par sa mission. Se sentir "élu(e)" avant les échéances, faire référence au divin, comme pouvait le faire auparavant François Bayrou, tient peut-être encore de cette forme première de domination politique. Heureusement, le Pacte Présidentiel de Ségolène Royal est un exemple clair de légal-rationnel. Or elle aussi succomba à la volonté d'incarner la "Femme Providentielle". cette persistance du charismatique est, sous cette forme, une particularité qui, parmi les pays occidentaux, semble toute française. On pourrait passer en revue les autres candidats de 2007, mais je pense que les exemples sont clairs et que chacun pourra trouver quelle est, par exemple, la part d'"Homme Providentiel" exploitée chez José Bové, Jean-Marie Le Pen, François Bayrou ou encore Nicolas Hulot s'il s'était présenté... Voici donc une présentation non exhaustive du pouvoir politique et de sa définition par Max Weber, qui fait loi en la matière. Un petit résumé : Définition principale : Le pouvoir politique, c'est le monopole de la violence légitime (Max Weber). Car c'est seulement si le pouvoir d'état est respecté que la société peut s'organiser autour d'un point unanimement reconnu, et donc avancer, se structurer. Ce même Max Weber énonce trois types de dominations : - Traditionnelle - Charismatique - Légale-rationnelle ---> Ces trois types peuvent se combiner, même s'ils sont ordonnés du plus archaïque au plus moderne et souhaitable. Or l'Homme n'est pas encore prêt à se contenter de domination légale-rationnelle... qui nécessiterait d'abandonner la passion et l'irrationnel en politique...